gran torino

Gran_torino réal. clint eastwood, scénario nick schenk, int. clint eastwood, bee vang, ahney her. 2008, 115'. 2 1/2 pouces

le synopsis
walt kowalski (eastwood) est un ancien de la guerre de corée à la retraite, pétri de haine envers ses voisins de quartier, immigrés asiatiques, noirs ou latinos. lorsque son jeune voisin thao (vang) tente, sous la pression d'un gang, de lui voler la ford gran torino 1972 qu'il chérit plus que tout, il fait face à la bande et devient malgré lui le héros du quartier. entre lui et le jeune garçon, c'est le début d'une amitié inattendue qui va changer le cours de leur vie.

l'avis
dernier (annoncé) d'eastwood en tant qu'acteur, le film traite de thèmes aussi universels que le racisme, la violence, mais aussi l'amitié, la tolérance et la grandeur d'âme. fidèle à lui-même, eastwood joue eastwood, personnage bourru dont le coeur se cache sous les mille et une rancoeurs d'une vie qui ne l'a pas épargné, qui…

… n'a pas sa langue dans sa poche mais qui se laisse attendrir pour peu qu'on le surprenne. malheureusement, les personnages sont ici assez caricaturaux et les dialogues pas assez fins pour qu'on adhère totalement à cette histoire somme toute assez banale. de plus, l'acteur qu'eastwood a choisi pour interpréter le jeune voisin dont il devient "l'ami", sonne faux (ok, il n'est pas professionnel). du coup, on peine à se prendre d'affection pour son personnage et à s'identifier à sa relation avec kowalski. heureusement, la fin, étonnante et "maligne", apporte profondeur et humanité à ce personnage qui évoque, à plusieurs reprises dans le film, le harry calahan des meilleurs jours, sans toutefois, c'eût été trop facile et eastwood est désormais trop vieux, céder à la violence cowboy de ce personnage très controversé à l'époque. fan d'eastwood, j'aime pratiquement tous ses films. il fait partie de ces cinéastes éclectiques qui surprennent à chaque coup et savent raconter des histoires. mais ses deux derniers films (sortis sur les écrans à quelques mois d'intervalle seulement) marquent une légère baisse de régime. pas tant pour le sujet choisi que pour la manière de le traiter (encore que l'échange était meilleur à mon sens). quand on est habitué à de la pertinence, du coup, à la moindre baisse, on est un peu déçu, même si la déception est toute relative. l'âge, peut-être? quoi qu'il en soit, il est déjà reparti pour un nouveau tournage, comme s'il ressentait le besoin d'en dire le plus possible avant de partir. j'ai beaucoup d'admiration pour cette énergie. pour autant que la qualité n'en pâtisse pas.

les coulisses
gran torino marque à la fois le retour et la dernière apparition d'eastwood devant la caméra depuis million dollar baby. pour son premier week-end d'exploitation aux états-unis, le film a battu le record que détenait jusqu'ici space cowboy. l'impression persistante que l'on a en voyant le film que l'inspecteur harry est de retour était corroborée par les rumeurs qui circulaient sur le net lors de la mise en chantier du film. le réalisateur a dû les démentir lors de la conférence de presse à cannes l'an dernier. la sortie du film, seulement trois mois après celle de l'échange, a surpris tout le monde. la gran torino est en effet une voiture culte qui eut la part belle dans la série starsky & hutch. à l'origine, l'histoire développée par nick schenk se déroulait à minneapolis, mais eastwood a estimé que détroit était un choix plus judicieux compte tenu du passé d'ouvrier de kowalski dans le secteur automobile. m'est avis qu'il a porté son choix sur cette ville aussi en raison de la nouvelle loi de l'état du michigan prévoyant des mesures d'incitation fiscale à la production de films. gran torino est le premier film américain à traiter des hmong, peuple d'asie réparti entre le laos, la thailande et le vietnam, et bénéficiant d'une identité culturelle propre, avec sa langue, ses traditions et sa religion. eastwood voulait que leur portrait soit le plus authentique possible. or les hmong sont très peu représentés dans le milieu professionnel du cinéma américain. il y a donc eu un gros travail de recherche (églises, lieux où les jeunes se réunissent, etc.) pour dénicher les interprètes. doua moua, qui joue le cousin de thao dans le film, est le seul acteur hmong de la production à bénéficier d'une formation théâtrale.