l’échange

Lchange réal. clint eastwood, scénario j. michael straczynski, int. angelina jolie, john malkovitch, jeffrey donovan, gattlin griffith. 2008, 141'. 3 pouces.

le synopsis
mars 1928, los angeles. christine collins (jolie), mère célibataire, perd son fils walter (griffith), 8 ans, mystérieusement disparu un jour qu'elle était au travail. quelques mois plus tard, la police de los angeles, en mal de reconnaissance publique, le retrouve et le lui ramène en prenant soin de médiatiser l'événement. mais christine sait que ce n'est pas son fils. elle va se battre pour faire entendre sa voix, mettant du même coup au jour les agissements douteux d'une police corrompue.

l'avis
encore un film signé eastwood extrêmement différent des autres et qui s'ajoute à une filmo d'une diversité incroyable. l'histoire, cette fois, est signée d'un certain j. michael straczynski, ancien journaliste ayant découvert il y a quelques années l'histoire de christine collins. c'est donc une histoire vraie. angelina jolie réalise là…

… une belle performance d'actrice, loin de ses sous-emplois habituels type lara croft ou wanted, rappelant au passage, si besoin était, qu'elle est parfaitement crédible dans des rôles dramatiques. le film aborde le thème de la conviction, sinon de la foi, celle qui déplace les montagnes, envers et contre tous, et notamment l'autorité, au risque de payer le prix fort. il traite aussi de l'assujettissement des femmes sur fond d'histoire sordide de tueur d'enfants. les reconstitutions sont parfaites et la mise en scène maîtrisée, comme toujours chez clint eastwood. la musique porte, comme souvent, la patte du réalisateur: mélodie simple mais reconnaissable, trompette aux accents jazzy et nostalgie lucide qui touche du doigt la triste réalité de la condition humaine. vachement bien (bon, je ne suis pas objectif, j'ai énormément de respect pour monsieur eastwood)…

les coulisses
clint eastwood, qu'on ne présente décidément plus, est né le 31 mai 1930 à san francisco. eh oui, ça va lui faire 79 ans, au papy. et pourtant il est toujours là à nous surprendre avec un film tous les deux ans (excepté gran torino, produit la même année que the changeling et sorti à peine 3 mois après) et à chaque fois différent. c'est la deuxième fois qu'il collabore avec malkovitch. mais la première fois, il était devant la caméra (dans la ligne de mire, wolfgang petersen). présenté en compétition à cannes en 2008, le film est pressenti comme l'un des favoris pour la palme d'or. il sera salué au travers du prix spécial du jury décerné à eastwood pour l'ensemble de sa carrière. précisons que le président du jury n'était autre que sean penn, lauréat de l'oscar du meilleur acteur en 2003 pour sa performance dans un film d'eastwood (mystic river). juste avant la présentation du film, les journalistes ont reçu une note annonçant que le film avait changé de titre (the changeling était devenu the exchange). interpellé pendant la conférence de presse, le réalisateur et sa comédienne ont déclaré être les premiers surpris. le film sera finalement exploité avec son titre d'origine. le terme "changeling", qui signifie "enfant substitué à un enfant volé", est aussi emprunté, paraît-il, au folklore européen dans lequel il désigne un petit être maléfique laissé par les fées en échange d'un nouveau-né enlevé à ses parents…