le jour où la terre s’arrêta

Le_jour_o_la_terre_sarrta réal. scott derrickson, int. keanu reeves, jennifer connelly, kathy bates, jaden smith. 2008, 102'. 2 1/2 pouces.

le synopsis
un extraterrestre du nom de klaatu (reeves) débarque sur terre pour prévenir les hommes qu'ils sont sur le point d'être exterminés parce que, en détruisant la terre comme ils le font, ils menacent l'équilibre cosmique. une astrobiologiste (connelly) va tenter de lui faire changer d'avis…

l'avis
ce remake était-il bien nécessaire? surtout un remake raté comme celui-là? le film de robert wise (1951) était un chef-d'oeuvre de sobriété et d'efficacité, remportant d'ailleurs le golden globe du "meilleur film promouvant une meilleure compréhension entre les peuples". dans l'original, klaatu (qui avait l'apparence de michael rennie) passait du temps et partageait l'existence des humains en louant une chambre en ville, s'offrant ainsi la possibilité de mieux les comprendre avant de les juger. son message était simple et clair: "vous faites partie de l'univers et donc de son équilibre. au rythme où vous allez, vous allez détruire cet équilibre (rappelons tout de même le contexte: fin de la seconde guerre mondiale, maccarthysme, premières années de la guerre froide), et nous, comité intergalactique, ne pouvons pas vous laisser faire car il y va aussi de notre survie. donc continuez à déconner comme ça et on vous détruit." et pour prouver qu'il ne bluffait pas, il faisait une démonstration de sa force (pour ne pas avoir à s'en servir): il arrêtait toute activité électrique et mécanique sur terre pendant une journée (d'où le titre) et s'en allait plus vite qu'il n'était arrivé…

… rideau, les hommes médusés, découvraient qu'il était temps de dépasser leurs différences et d'essayer de se comprendre pour commencer à mieux vivre. message certes idéaliste mais formidablement efficace dans la simplicité de sa présentation. dans le remake, klaatu ne passe pas de temps avec les humains et n'a qu'un professeur de mathématiques (une scène), une astrobiologiste et un gamin (à baffer avec ses dreadlocks trop cool, et qui joue très mal, tout "fils de" qu'il est) pour interlocuteurs (par ailleurs déjà présents dans l'original). d'autant que le président des états-unis, ce con (petit clin d'oeil qu'on n'osera qualifier de "savoureux" à l'aveuglement politique, pour ne pas dire la bêtise, du toujours-président ricain), refuse le dialogue et donne l'ordre, par secrétaire d'état (bates) interposée, de détruire le "vaisseau" extraterrestre (qui ressemble d'assez près à la sphère de sphère car un vaisseau "traditionnel" eût sans doute été ringard). donc, l'avenir de la planète, ou plutôt de l'humanité (car l'association des civilisations dont fait partie klaatu ne veut pas détruire la terre mais les hommes responsables de sa destruction), repose sur deux personnes et demi. si on n'y croit pas une nanoseconde, klaatu, lui, y croit, et fait tout ce qui est en son pouvoir (et il en a plein) pour arrêter l'anéantissement qui commence… à la fin du film par le biais de nanobestioles qui bouffent tout sur leur passage. et incroyable, ça marche! il réussit à arrêter l'inarrêtable spirale et s'en va sans avoir fait sa démonstration de force (rendant du coup le titre absurde) et surtout sans avoir délivré son précieux message à l'humanité, laissant donc ce fardeau, assez lourd il faut bien le dire, aux personnages susmentionnés. bon, vous l'aurez compris, sans être une daube totale, ce remake sacrifie un sujet magnifique aux contraintes du box-office et réduit un postulat passionnant sur notre responsabilité vis-à-vis de notre planète à une esbroufe maigrichonne reposant sur quelques effets spéciaux. du coup, la réponse à la question du départ devient claire. ce remake se serait justifié s'il avait été plus intelligent, plus en phase avec les enjeux d'aujourd'hui, bref un peu moins commercial et un peu plus "philosophique". à ce titre, le jour d'après, du très militariste et pourtant très pro-américain (que c'en était à vomir) roland emmerich, était bien mieux réussi et donnait un tout petit peu à réfléchir. ici par contre, point d'étonnement et encore moins de remise en question, tout simplement parce que le sujet est assez mal traité et surtout mal conclu. dommage. pourquoi faut-il toujours (souvent disons) que des sujets comme ceux-là soient gâchés à ce point?