hancock

Hancock réal. peter berg, scénario vincent ngo et vince gilligan, int. will smith, charlize theron, jason bateman. 2008, 92'. 4 pouces

le synopsis
john hancock (smith) est un alcoolique impénitent doublé d'un grand solitaire qui ne sait pas d'où il vient ni d'où il tient cette force surhumaine et cette capacité à voler qui lui permettent de sauver des vies. mais voilà, il cause tellement de dégâts en intervenant que les gens ont fini par le détester et le rejeter. jusqu'au jour où il sauve la vie de ray embrey, un expert en relations publiques (bateman)…

l'avis
voilà un concept intéressant. non pas dans le fait que le héros est rejeté: ils le sont tous à un moment ou un autre. non pas dans la notion de seconde chance: quel film américain de ces dernières années ne nous en a pas rebattu les oreilles jusqu'à la nausée? non pas par les effets spéciaux: tout film de super-héros contient aujourd'hui son lot d'effets spectaculaires (orientés ici vers le réalisme façon reportage). non, ce film est intéressant par…

… son scénario! eh oui, il fallait peut-être que ce ne soit pas un héros marvel pour que l'intelligence de l'écriture soit au rendez-vous. la révélation de l'origine du héros et la tournure que prend l'histoire vers le milieu du film sont vraiment jubilatoires! hancock nous rassure enfin: il y a encore des choses à inventer sur les super-héros dont la mode et la profusion commencent un peu à lasser ces derniers temps. et cela même si la base scénaristique, très américaine, est loin d'être novatrice: même les gens les plus irrécupérables ont droit à une seconde chance. dans la même veine, on attend avec impatience la sortie de watchmen, adapté du génialissime roman graphique d'alan moore, auteur notamment de from hell… ne loupez pas hancock, vous passeriez à côté d'un excellent divertissement (car l'humour est évidemment au rendez-vous, mais sans aucune lourdeur) doublé d'un vrai moment d'intelligence. et en ce moment, dans ce genre de films, c'est plutôt rare…

les coulisses
le nom du personnage principal, john hancock, est tiré d'une anecdote historique, la signature de la déclaration d'indépendance américaine (plus historique que ça…). il faut se rappeler que les hommes qui avaient posé le pied sur le nouveau continent avaient été envoyés par le roi d'angleterre. en se déclarant indépendants par un document qu'ils allaient envoyer à leur souverain, ils faisaient acte de rébellion et encouraient donc tous la peine de mort. lors de cette fameuse signature, on raconte que les pères fondateurs de l'amérique – george washington et benjamin franklin pour les plus connus – signaient un peu timidement, comme si aucun d'eux ne voulait se faire remarquer. alors john hancock – moins connu mais grande gueule paraît-il – s'empara de la plume et s'écria: "qu'est-ce qui vous prend d'écrire avec ces pattes de mouche. vous n'êtes qu'une bande de lâches!", apposant alors une signature grande comme la feuille. depuis ce jour, les américains parlent d'un "john hancock" en faisant référence à une signature, mais aussi à un acte de bravoure qui ne se soucie guère de conséquences. l'allusion (mais pas l'explication historique) y est faite dans le film, fournissant du même coup l'origine du nom du héros.

née le 7 août 1975 à benoni, en afrique du sud, charlize theron montre très tôt des aptitudes prononcées pour la danse classique. sa vie ressemble à un conte de fées, même si son adolescence est marquée par un drame familial: sa mère tue son père qui l'avait agressée. fuyant son pays, elle est engagée par le joffrey ballet de new york avec lequel elle danse le lac des cygnes et casse-noisettes. mais une blessure au genou met un terme définitif à sa carrière de danseuse. fréquentant les podiums depuis l'âge de 14 ans, elle envisage une reconversion comme actrice et s'installe à los angeles où elle est remarquée en deux semaines par un agent. elle prend des cours d'art dramatique et décroche un rôle dans that thing you do (tom hanks, 1996) puis dans l'associé du diable (taylor hackford, 1998) où elle interprète l'épouse au destin tragique de keanu reeves. les rôles s'enchaînent, celebrity (woody allen, 1999), mon ami joe (ron underwood, 1999), l'oeuvre de dieu, la part du diable (lasse hallström, 1999), qui lui vaut une nomination aux golden globes, the yards (james gray, 2000), sweet november (pat o'connor, 2001), dans lequel elle retrouve keanu reeves, le sortilège du scorpion de jade (woody allen, 2001), mauvais piège (luis mandoki, 2003) et braquage à l'italienne (f. gary gray, 2003). en 2004, elle est véritablement reconnue par ses pairs qui lui décernent un oscar pour son rôle spectaculaire dans monster (patty jenkins). charlize theron possède, comme dirait jon stewart, une énorme force d'intimidation, pas seulement par sa beauté, mais aussi et surtout par son talent.

on ne présente plus willard christopher smith jr., né le 25 septembre 1968 à philadelphie. il est déjà riche et célèbre en tant que rappeur lorsqu'en 1989 il rencontre une productrice de la warner qui lui confie le rôle principal de la série-sitcom le prince de bel air. c'est en 1995 qu'il explose au niveau international avec bad boys (michael bay), ascension qu'il confirmera un an plus tard dans independence day (roland emmerich, 1996), puis avec men in black (barry sonnenfeld, 1997) et wild wild west (du même barry sonnenfeld, 1999). l'échec commercial de ce dernier film fait douter smith qui se tourne vers des rôles plus sérieux (ennemi d'état, de tony scott, en 1999), qui le repositionne comme la star qu'il est devenu. mais la légende de bagger vance (robert redford, 2001) passe presque inaperçu et smith s'attelle au rôle de sa carrière, celui qui, pense-t-il, lui donnera l'oscar. ce sera ali (michael mann, 2002). mais même si sa prestation impressionne, la statuette ira cette année-là à denzel washington. sa profonde déception le pousseront alors à accepter des rôles pour de mauvaises raisons (men in black 2 et bad boys 2). mais les succès de i, robot (2004), hitch (2005), à la recherche du bonheur (2007) et je suis une légende (2007) et aujourd'hui hancock ont montré que will smith rebondit malgré les échecs et qu'il reste une valeur plus que sûre du cinéma mondial.

né le 11 mars 1964 à new york, peter berg a commencé par des rôles secondaires dans quantité de films – shocker (wes craven, 1989), last seduction (john dahl, 1994), aux côtés de linda fiorentino, copland (james mangold, 1997). en 1999, il met en scène son premier long métrage – very bad things – avec christian slater, cameron diaz et jon favreau (futur copain de ben affleck dans daredevil et réalisateur d'iron man). s'il continue à faire l'acteur (collateral de michael mann, 2005), il s'oriente vers des choix artistiques plus polémiques (le royaume et lions et agneaux), ayant comme toile de fond l'interventionnisme américain au moyen-orient. il a actuellement trois longs-métrages en production.