iron man

Iron_man

 

 

 

 

 

réal. jon favreau, d’après le personnage créé par stan lee pour marvel en 1963, int. robert downey jr., jeff bridges, gwyneth paltrow. 2008, 125′. 3 pouces

le synopsis
tony stark est un inventeur de génie, vendeur d’armes et playboy milliardaire. en visite en afghanistan pour présenter à l’armée américaine sa toute dernière génération d’armes, il est kidnappé par des rebelles qui le forcent à construire les mêmes armes. mais il élabore une armure hig-tech pour s’échapper. de retour aux états-unis, il décide de l’améliorer pour faire régner la justice…

l’avis
hollywood n’en finit pas de déterrer des personnages de comics, source apparemment inépuisable d’inspiration. ici, point d’erreur scientifique ni de mutation génétique, mais un homme « comme vous et moi » qui décide de faire le bien après avoir « découvert » le pouvoir destructeur des armes qu’il crée. on ne croit pas une seule seconde à l’innocence du savant atomiste, aussi séduisant soit-il, qui clame haut et fort qu’il aurait fait de la broderie plutôt que de la recherche s’il avait pu imaginer un instant…

… que ses inventions tueraient autant de gens aussi vite. on n’y croit pas, mais bon, on se laisse emmener dans cette histoire où le bien finit par triompher, blahblahblah, quelles que soient les motivations du protagoniste. le sempiternel schéma des comics de marvel est bel et bien là, issu d’une période sombre où kennedy et krouchtchev s’affrontaient à coup de guerre froide et où la menace soviétique donnaient aux scénaristes toutes sortes d’idées alarmistes, comme l’invasion de martiens super-hostiles (vous me direz, les martiens peuplaient déjà les écrans dans les années 50, mais à cette époque, ils n’étaient pas une métaphore du soviet mais du communiste. comme quoi, autre époque, même combat). certes, le scénario a été quelque peu actualisé – les afghans ont remplacé les soviets, la belle affaire – mais le gentil héros est toujours américain. en plus, il s’est donné une seconde chance, thème (très très) cher au scénario à l’américaine: de « méchant » il devient gentil du jour au lendemain, quitte à affronter ses propres « amis » et à risquer tout ce qu’il a – y compris sa fortune, oh mon dieu! – pour mener ce combat qu’il juge juste. ah, les beaux sentiments! en plus, il découvrira l’amour. que demande le peuple?

les coulisses
dans son rôle de pepper potts, la discrète et très sexy secrétaire dévouée corps et âme à son patron, gwyneth paltrow est tout simplement craquante, elle qui pourtant est généralement assez fade. jeff bridges, qu’on ne présente plus depuis longtemps, est égal à lui-même, c’est-à-dire grand. mais là, chauve et barbu, il est méconnaissable (les premières secondes). robert downey jr., qu’on a vu dans plein de rôles différents, et notamment de personnages peu recommandables (us marshall, 1997), de journaliste (good night and good luck, 2005) ou de médecin (raymond, 2005), campe ici avec justesse et sobriété ce pourri de vendeur d’armes dissimulé derrière le prétexte « je suis un inventeur génial et insouciant », et qui finit par devenir un mec bien. l’acteur s’est beaucoup impliqué dans son rôle, tant physiquement qu’au niveau de l’écriture du scénario. stan lee (eh oui, encore lui) est le papa d’iron man, comme, au hasard, de hulk, des x-men, des 4 fantastiques ou de spider-man. il a déclaré avoir voulu sortir à l’époque du schéma classique du super-héros pour créer un personnage a priori antipathique mais que les lecteurs finiraient par aimer s’il en faisait un type intéressant, riche, élégant et séduisant, affublé de surcroît d’un problème cardiaque pour casser son côté « parfait ». de plus, ce n’est pas un mutant, mais quelqu’un qui ne doit ses super-pouvoirs qu’à lui-même. stan lee n’a jamais caché que son héros s’inspirait librement de howard hughes, industriel milliardaire et réalisateur-aventurier américain, dont la vie inspira le film aviator de martin scorsese avec leonardo dicaprio. l’adaptation de ce super-héros pourtant bien humain attise les convoitises du tout-hollywood depuis près de 20 ans: de nicolas cage à tom cruise, de tarantino (« couenntine » pour les intimes) à stuart gordon (le réalisateur de re-animator), en passant par 3 studios, tous ont manifesté, que dis-je hurlé, leur envie de réaliser ce projet… jusqu’à ce que les studios marvel le reprennent et le confient à jon favreau (qu’on pu voir en collègue avocat de ben affleck dans daredevil).