engrenages

Engrenages

 

 

 

 

série tv policière créée par alexandra clert et guy-patrick sainderichin, int. caroline proust, gregory fitoussi, audrey fleurot, guillaume cramoisan. 2 saisons de 8 épisodes chacune, 48″ par épisode. saison 1 (2005), saison 2 (2007). 4 pouces

c’est, j’allais dire, une banale série policière, avec meurtres sordides, ambiances glauques, enquêtes difficiles, personnages complexes et luttes de pouvoir, bref, tous les ingrédients d’une série policière. mais avec engrenages, première surprise, on se laisse prendre. deuxième surprise, et non des moindres, c’est une série française. car je ne sais pas si vous avez remarqué, qui dit série française dit en général ennui ou plagiat. casting mouais, budget qui se la pète mais qui n’apporte rien de spécial et histoires déjà vues… le cas r.i.s. est, à ce titre, révélateur du plagiat à la française, ou, plus précisément, de la transposition ratée dans un autre pays d’un concept qui a réussi ailleurs…

or là, tout à coup, c’est différent. engrenages n’est pas une série « à la française », mais redore le blason des séries françaises. et ça tient à deux ou trois choses: tout d’abord le casting, essentiel à la réussite d’une telle entreprise délicate. impeccable est le premier mot qui vient à l’esprit. quelques comédiens qu’on a déjà vus mais pas de stars et pour une fois, TOUS les acteurs, même les plus jeunes, sont justes et n’ont pas l’air de réciter du texte d’un air emprunté. ensuite le parti pris de mise en scène, caméra à l’épaule, avec instabilité permanente, découpage nerveux et zooms intempestifs, comme si elle était l’oeil d’un personnage. je sais, c’est loin d’être nouveau et ça fait très série américaine, mais les créateurs d’engrenages ont misé sur le réalisme et le choix est cohérent. les scénarios enfin, partent de faits qui se sont réellement produits. rien de très original non plus, me direz-vous, des tas d’auteurs, que ce soit en littérature ou au cinéma, s’inspirent de la réalité. mais là, curieusement, on n’a pas du tout l’impression d’être dans un clone d’une série us. et ça fait du bien. d’où une fraîcheur bienvenue, une surprise constante, un engouement renouvelé des téléspectateurs et un succès à l’étranger qui ne se dément pas. ainsi la bbc l’a-t-elle achetée en 2006, brisant ainsi des années de bouderie des séries françaises, jugées médiocres par nos cousins d’outre-manche. côté créateur, guy-patrick sainderichin est un scénariste né en 1950. il est l’auteur notamment de l’homme aux yeux d’argent (1985), à corps et à cris (89), la bavure (94) et maigret et le port des brumes (94).côté comédiens, on notera caroline proust, épouse à la ville de clovis cornillac, qui campe une capitaine de police avec ce qu’il faut de tempérament et de tendresse, et audrey fleurot, remarquée en dame du lac de kaamelott, qui interprète une jeune pénaliste sans (aucun) scrupules.

donc, si vous voulez mon avis, ne loupez pas cette série, les 2 premiers épisodes de la 2e saison passent ce lundi (demain) sur canal+. pour les suisses, la tsr a commencé leur diffusion vendredi 9 mai au soir.