MR73

Mr73

 

 

 

 

réal. olivier marchal, int. daniel auteuil, olivia bonamy, catherine marchal, gérald laroche, philippe nahon. 2008, 124′. 3 pouces.

le synopsis
flic alcoolique et hanté par son passé, louis schneider (auteuil) enquête sur un tueur en série qui ensanglante marseille. le passé resurgit lorsque charles subra (nahon), arrêté par schneider 25 ans plus tôt pour le meurtre sauvage des parents de justine (bonamy), sort de prison pour bonne conduite. cette libération anticipée va réunir schneider et justine, deux êtres qui tentent de survivre au drame de leur vie…

l’avis
le polar à la française se porte décidément à merveille, merci olivier marchal. après 36 quai des orfèvres, il revient en grande forme pour cette excellente et très sombre galerie de portraits brisés par la vie et les circonstances. loin d’être un « divertissement », parsemé d’instants extirpés à la réalité, servi par une photo magnifique et un étalonnage très contrasté qui crée l’étonnement visuel à chaque séquence, mr73 est d’une vérité qui prend au ventre. auteuil y est égal à lui-même, c’est-à-dire grand, dans ce rôle d’homme alcoolique et détruit mais qui ira jusqu’au bout dans son besoin de vérité. un film aussi vrai que son auteur. plus souvent, des comme ça…

les coulisses
né en 1958 à talence, en gironde, olivier marchal est le fils d’un pâtissier amateur de romans noirs. durant ses années de collège, il se prend de passion pour la comédie et rêve de devenir policier. en 1980, il intègre la brigade criminelle de versailles, puis la section antiterroriste, où il a pour collègue simon michaël, auteur des ripoux. devenu chef d’une brigade de nuit au milieu des années 1980, marchal suit parallèlement des cours de théâtre au conservatoire du xème arrondissement de paris. ayant quitté la police, il écrit plusieurs scénarios pour la série du commissaire moulin tout en obtenant des rôles. en 1999, il s’essaie à la réalisation avec un bon flic, qui est remarqué au festival de cognac. son premier long est gangsters en 2002. le titre du film – mr73 – fait référence à l’arme de poing calibre 357 magnum sortie des usines de manurhin en 1973. ce revolver à 6 coups d’une grande précision a été utilisé par des unités d’élite comme le gign ou le raid. « c’est aussi le symbole d’une police révolue, dit marchal. le mr73 était un revolver compétitif et spectaculaire. son design le rendait très sensuel et ses lignes étaient très bien étudiées pour ne pas en faire une arme trop imposante. » mr73 est son troisième film. selon le réalisateur, il n’est pas une suite de 36 quai des orfèvres, mais s’inscrit plutôt dans un triptyque commencé par gangsters, avec richard anconina et anne parillaud, et qui aurait pour thèmes la solitude, l’errance et la désespérance. sans être autobiographique, le film s’inspire de faits réels, marchal, jamais très loin de schneider, ayant vraiment retrouvé la petite fille dont les parents avaient été assassinés. dans l’esprit du metteur en scène, c’est gérard depardieu qui devait tenir le rôle de schneider, mais auteuil s’est porté volontaire. marchal voulait également inclure dans son casting jean-paul belmondo, histoire de rendre hommage à ce vieil habitué des rôles de flic risque-tout, mais son état de santé n’a pas permis à l’acteur de prendre part à la production. le tournage du film s’est tenu entre le 14 février et le 7 mai 2007 entre paris, marseille et la beaumaderie.