cloverfield

Cloverfiled_2

 

 

 

 

 

réal. matt reeves, int. michael stahl-david, lizzy clapan, jessica lucas. 2008, 90′, 3 pouces.

le synopsis
quelque chose de gigantesque attaque manhattan et prend le dessus sur les hommes. le tout est filmé au caméscope par un groupe de jeunes gens qui fêtaient le départ de l’un d’eux lorsque tout a commencé…

l’avis
très gerbatif (merci « l’effet caméscope », mais sans lui, l’effet eût sans doute, encore que, été réduit de moitié), mais également très impressionnant. et vous me connaissez, pour que je dise ça, il faut vraiment que ça le soit. les auteurs mettent les protagonistes – et du même coup le spectateur – devant le…

… fait accompli et ne s’embarrassent d’aucune réponse. ainsi ils se fichent éperdument d’expliquer d’où vient cette créature gigantesque et ce qu’elle veut, nous laissant, en même temps que les personnages, dans le questionnement (et la peur?) la plus totale. du coup, c’est diablement efficace. si le début est longuet (le pourquoi du caméscope aurait pu être planté plus vite), la fin est un peu bâclée. c’est qu’à trop vouloir ne rien expliquer, le film se termine beaucoup trop tôt et on reste vraiment sur sa faim. il aurait mérité d’être un quart de poil de cul de grenouille plus développé. autre « détail » qui fait du film un objet très réaliste, et donc très efficace, c’est l’absence totale de musique, si ce n’est sur le générique de fin. une musique qui est d’ailleurs un bien bel hommage aux films de monstres des années ’50. voit-on finalement le monstre? je serai muet comme une carpe sur ce point. il vous faudra aller voir le film pour le savoir. quoi qu’il en soit, même si la production a bénéficié de moyens apparents et non négligeables, ils sont complètement noyés dans le fameux « effet caméscope » qui donne à l’ensemble un look très amateur…

les coulisses
le créateur de la série lost, j.j. abrams, peut se vanter d’avoir fait du bruit avec la bande-annonce de son film en juillet 2007. jamais les internautes ne s’étaient autant emparés d’images distillées au compte-goutte pour répandre la rumeur. tout le monde voulait percer le mystère, découvrir qui était ce godzilla des temps modernes sans jamais le voir. tout ce qu’abrams a bien voulu déclarer, c’est que son film était bien un film de monstre, mais sans en dire davantage. « cloverfield », littéralement « champ de trèfles », est le nom que l’armée a donné à central park après la catastrophe. mais ce nom n’apparaît que dans les 12 premières secondes du film et plus du tout par la suite. on aurait bien aimé un « prolongement » de ce nom dans l’histoire, par simple souci de cohérence (c’est mon côté cartésien qui parle). au départ, le film devait s’appeler 01-08-08 en référence à la date de la sortie américaine, mais son nom de code a finalement été conservé. l’auteur (qui n’est pas le réalisateur) a voulu créer un monstre qui soit une métaphore de notre époque et qui symbolise le traumatisme post-onze septembre des américains. exactement comme godzilla avait « incarné » en son temps la peur de la bombe atomique. l’acteur t.j. miller (hud) a lui-même réellement tenu la caméra pour de nombreux plans. et quand c’était un caméraman qui filmait, il était habillé comme l’acteur. enfin, le plan de la statue de la liberté décapitée est un hommage à new york 1997, le film de john carpenter de 1981. l’affiche originale montrait la tête de la statue gisant dans une rue de manhattan (même si le plan n’apparaissait pas dans le film)…