les promesses de l’ombre

Promesses_de_lombre_2 (eastern promises) réal. david cronenberg, int. naomi watts, vincent cassel, viggo mortensen, armin mueller-stahl, 2007, 100'. 2,5 pouces

le synopsis
sage-femme, anna (watts) est bouleversée par la mort d'une jeune fille russe qu'elle aidait à accoucher. tentant de retrouver sa famille par l'intermédiaire de son journal intime écrit en russe, elle va rencontrer l'un des chefs les plus puissants de la mafia russe (mueller-stahl), son fils kirill (cassel) et leur chauffeur nikolai (mortensen) sans se douter que le document qu'elle possède va lui attirer de graves ennuis.

l'avis
si ce film ne ressemble pas vraiment à un cronenberg, il explore une nouvelle fois un thème cher au réalisateur: la famille. déjà au coeur de faux-semblants et de history of violence notamment, il est développé ici sur fond de mafia russe, les vori v'zakone. cela dit, et contrairement à d'autres films portant sa marque, on est surpris par la "simplicité" et la linéarité de l'histoire (qui ne tient pas la comparaison avec la complexité d'un existenz ou la puissance émotionnelle d'un faux-semblants) et on ne ressent jamais cette peur sourde de voir surgir, sans prévenir, une ultra-violence aveugle et déshumanisée. un peu sage…

les coulisses
les tatouages font partie intégrante de l'identité des membres de cette société secrète. "l'histoire d'un homme se lit à travers ses tatouages", entend-on dans le film. l'étoile, dessinée sur la poitrine, signifie par exemple que l'on est "capitaine". une autre, tatouée sur le genou, indique que celui qui la porte ne se mettra à genou devant personne. pareille à une langue pure que les anciens veulent conserver, elle est cependant terrible et redoutée. vori v'zakone signifie "voleurs dans la loi". frères en-dehors de la société, les vori n'avaient à l'origine pas le droit de posséder quoi que ce soit. leur vrai code était: pas de famille (ta mère est une putain), pas de travail, on ne paie pas d'impôt et on ne travaille pas pour le gouvernement. ils s'exilaient volontairement de leur société. et c'est cet exil qui leur devenait un code moral et leur donnait une identité.

né en 1943 à toronto, canada, david cronenberg a commencé à faire des films situés entre horreur et science-fiction. sans être ses premiers, frissons, rage et chromosome 3 choquent une partie de la critique et lui bâtissent rapidement une réputation. puis ce sera scanners, videodrome, dead zone et bien sûr la mouche, brillant remake de la mouche noire avec vincent price (1958).

né en 1958 à new york de père danois et de mère américaine, viggo mortensen a débuté par une apparition dans la rose pourpre du caire de woody allen et witness avec harrison ford. puis il a joué dans daylight aux côtés de sylvester stallone, the indian runner, de sean penn, donné la réplique à gwyneth paltrow et michael douglas dans meurtre parfait, remake du crime était presque parfait d'hitchcock, et interprété le rôle du roi aragorn dans la trilogie du seigneur des anneaux. il a raconté à cronenberg qu'un soir il est entré dans un pub où un couple de russes était attablé. à la vue des tatouages sur les doigts de l'acteur, ils se sont effrayés et ont quitté les lieux. la scène de combat dans le hammam, beaucoup commentée, décrite comme insoutenable par son extrême violence et par la nudité totale de mortensen (pour qui il était hors de question de refuser de jouer nu, par souci de réalisme) et déjà d'anthologie est très décevante. cronenberg vieillirait-il? ou suis-je trop blasé? probablement un peu des deux :O)…

pendant la production et non loin des lieux de tournage à londres, a eu lieu un fait divers qui a connu un retentissement international: l'empoisonnement de l'opposant et ex-espion litvinenko au polonium, substance hautement radio-active.