la cinémathèque suisse à l’ère du numérique…

la cinémathèque suisse (www.cinematheque.ch) se trouve actuellement à un tournant de son histoire. d’une part parce que, mi-septembre, elle a signé avec l’office fédéral de la culture une convention définissant sa mission pour les prochaines années. d’autre part parce qu’un nouveau directeur devrait être désigné ces prochains jours. et enfin parce qu’elle va devoir faire un certain nombre de choix, dictés par ses moyens financiers et aussi par l’époque…

des choix cornéliens…
par exemple faut-il garder une copie de tous les films qui passent en salle, sachant que les moyens ne permettent pas de les conserver de manière satisfaisante? faut-il conserver les originaux qui se détériorent ou doit-on se contenter de garder la copie numérique? à quoi servira à l’avenir une cinémathèque si les films n’ont plus de support physique? autant de questions, et bien plus encore, auxquelles le nouveau directeur devra répondre.

un patrimoine très riche…
et le problème de la survie de la cinémathèque, la suisse n’est pas la seule à se le poser. et s’il est partout le même, avec des variantes de cas en cas, il est d’autant plus grave en suisse que les moyens sont peu adaptés à l’énormité de la tâche: 70’000 copies de films, 100’000 diapositives, 2 millions de photos, 100’000 affiches. la collection suisse est la 6e plus importante du monde, après washington, bruxelles (www.ledoux.be/fr), bois d’arcy (france) (www.cnc-aff.fr et www.cinematheque.fr), londres (www.bfi.org.uk) et moscou (www.aha.ru/~filmfond). un patrimoine très riche mais géré avec quatre fois moins de moyens et trois fois moins de personnel que la cinémathèque de lisbonne par exemple, pourtant beaucoup plus petite.

un manque de moyens…
il y a bien quelques associations qui permettent l’acquisition de copies neuves ou la restauration de trois ou quatre longs-métrages par an, mais c’est de loin très insuffisant. l’argent des subventions passe dans le fonctionnement et pour franchir un nouveau cap, il faudrait doubler le budget. le manque de moyens paralyse les projets de développements, notamment la copie des archives en numérique. de plus, aux questions de la pérennité des fichiers virtuels et des options à privilégier, les experts du monde entier ne sont pas d’accord entre eux. un défi (de plus) d’autant plus grand pour le nouveau directeur…

trois candidats pour un directeur…
vinzenz hediger
, 38 ans, zurichois, docteur en philosophie, grand spécialiste de l’histoire et de la politique du cinéma, journaliste et critique à la neue zürcher zeitung, enseigne à l’institut des sciences de la communication à bochum et a signé plusieurs ouvrages sur le cinéma. jean perret, 55 ans, suisse et français, directeur du festival du documentaire visions du réel de nyon, journaliste, critique de cinéma à la radio et dans la presse écrite, membre de plusieurs jurys internationaux et initiateur de la semaine de la critique au festival de locarno. paolo cherchi usai, 50 ans, italien, dirige depuis quelques années les archives nationales du cinéma et du son à canberra, australie. a effectué des travaux sur la conservation et le cinéma à l’ère numérique.