spider-man 3

Spiderman_3 réal. sam raimi, int. tobey maguire, kirsten dunst, james franco. 2007, 139'. 3 pouces

le synopsis
peter parker a enfin réussi à concilier son amour pour mary-jane et ses devoirs de super-héros. un soir, alors que les deux tourtereaux passent un moment ensemble dans un parc (en tout bien tout honneur ;O)), un tout petit météore s'écrase non loin d'eux. il contient une forme de vie extraterrestre agressive et invasive (une sorte de matière visqueuse genre blob noire et douée de mouvement), qui s'échappe du météore encore fumant et parvient à… 

… s'agripper à la mobylette (mdr) de peter. et ce qui doit arriver arrive: elle s'empare du costume de peter (qui devient noir, forcément), décuple ses pouvoirs et transforme également la personnalité de peter pour laisser ressortir l'aspect sombre et vengeur qu'il s'efforce de contrôler. sous l'influence de son costume, peter devient trop sûr de lui et commence à négliger ses proches. contraint de choisir entre le pouvoir si séduisant de ce nouveau costume et la compassion qui le caractérisait avant, peter va faire face à ses démons lorsqu'il affrontera l'homme-sable et vénom.

l'avis
même si, comme d'habitude, plusieurs histoires s'imbriquent, la trame est comme d'habitude linéaire. variété oblige, deux méchants font leur apparition ici: l'homme-sable, un repris de justice en cavale qui n'a (apparemment) rien à voir avec peter parker et vénom, jeune photographe aux dents longues prêt à tout pour prendre la place de peter au journal, et qui va se retrouver face à la créature extraterrestre. peter a de plus en plus de problèmes d'ego, ce qui lui donne de l'assurance (la parodie de saturday night fever est réussie et tobey maguire convaincant), mais aussi, sous l'influence de la créature extraterrestre, le rend plus agressif et provoque l'éloignement de mj… on pourra regretter que le côté obscur de peter parker soit révélé par un facteur extérieur et non par une "recherche" personnelle (à l'instar du docteur jekyll). la force attendue du propos est ainsi sacrifiée sur l'autel de la morale, marketing et surtout box office obligent… car un super-héros bien schizo à la batman ne rencontrerait sûrement pas le même public ni un public aussi large en tout cas. cela étant, sans être un chef-d'oeuvre, le film reste un très bon divertissement et, d'une manière plus générale, la saga des spider-man demeure la meilleure adaptation des aventures d'un super-héros "made in" marvel. à mon humble avis…

les coulisses

réalisateur visionnaire des 3 evil dead, de 1982 à 1993, mais aussi de mort sur le gril ou de films plus intimistes mais tout aussi géniaux comme un plan simple (1998) ou intuitions (2000, avec la magnifique cate blanchett), sam raimi a toujours dit qu'il donnait la priorité à "l'excellence scénaristique". pour spider-man 3, il ne faut pas exagérer tout de même. si l'histoire est de bonne tenue, elle reste du niveau des comics, c'est-à-dire… comme d'hab, quoi: lutte obligatoire du bien contre le mal (y compris chez un même personnage), histoires d'amour contrariées et happy ending. la seule "différence", cette fois, c'est le nombre de plans contenant des effets spéciaux (quoique…). le film n'est pas par hasard le plus cher de l'histoire: plus de 250 millions de billets verts, ça se voit. les scènes de combats aériens sont impressionnantes de maîtrise, les transformations de flint marko (thomas haden church) en homme-sable et d'eddie brock (topher grace) en vénom, même si cette dernière est plus courte, sont magnifiques. sam raimi ayant oublié d'être bête et c'est tant mieux, ces effets, pour éblouissants qu'ils soient, ne font pas d'ombre au développement de l'histoire et des personnages. bémol tout de même: tobey maguire (pleasantville, 1999, la légende de seabiscuit, 2003, the good german, 2007…) est sympa mais, comme kirsten dunst (virgin suicides, 2000, marie-antoinette, 2006…), il ne possède qu'une, voire deux expressions à son répertoire. si bien qu'il paraît assez fade, sauf dans les scènes où il se la joue travolta. cette fois, sam raimi a fait appel à son frère aîné (de 3 ans), ivan, pour écrire le scénario. les aficionados de sam ne manqueront pas de remarquer le clin d'oeil qu'il a offert à son (ex-)acteur fétiche, bruce campbell (héros, notamment, de la saga des evil dead), qui tient là le (court) rôle du maître d'hôtel français et un peu dépassé d'un restaurant chic que peter parker a choisi pour demander m-j en mariage.