room


réal. lenny abrahamson, scénario emma donoghue, d’après son oeuvre, int. brie larson, jakob tremblay, joan allen, william h. macy. 2016, 118′. 3,5 pouces

le synopsis
à 5 ans, jack (tremblay) vit avec sa mère joy (larson). dans une chambre, que sa mère s’évertue à…

… lui faire croire que c’est le seul monde qui existe. jack n’a connu que cet environnement depuis sa naissance. car sa mère a été enlevée il y a 7 ans…

l’avis
le film raconte moins la captitivé de joy (larson) et de son fils jack (tremblay) que leur retour à la vie « normale », surtout pour le petit garçon qui n’a jamais rien su du monde extérieur et qui va « naître une seconde fois » en découvrant tout, d’un coup. mais, contrairement à sa mère qui a vécu une vie « avant », le petit garçon va tout dévorer avec une curiosité et un esprit « positifs » qu’il peut. la mère, quant à elle, va devoir affronter « l’après », subir le bruit d’un monde auquel elle ne semble plus appartenir, revivre avec une famille qui a changé (ses parents ont divorcé) et qu’elle ne reconnaît plus, répondre à des media qui semblent tout prêts à la juger au détour d’interrogations pourtant légitimes. sept années d’un confinement strict et surtout imposé, sans tendresse ni fenêtres (et dire que certains se plaignent déjà au bout d’un mois), est une épreuve inhumaine qui ménerait n’importe qui sur les rives de la folie.

aussi, arrêter le monstre et revoir le lieu une fois libéré peuvent-ils suffire à faire le deuil de ce « meurtre de vie » et tirer un trait sur ce traumatisme? le film ne donne pas de réponse, et pour cause, se remet-on jamais d’un tel cauchemar? questions rhétoriques, bien sûr.

l’histoire, dont emma donoghue adapte ici le roman qu’elle a écrit en 2010, s’inspire du récit de trois femmes enlevées et séquestrées pendant plusieurs années, dont celle de la plus connue: l’autrichienne elisabeth fritzl, emprisonnée pendant 24 ans dans un abri anti-atomique sans fenêtres de 60 m2 avec une hauteur sous plafond de 1m70, et mère de 7 enfants, tous procréés par son père, tous nés en captivité, tous retenus avec leur mère jusqu’à la révélation de l’affaire et leur libération en 2008.

petit aparté pour conclure, je trouve que le petit garçon méritait davantage un oscar que brie larson. je dis ça je dis rien.