knock


réal. & scénario lorraine lévy, d’après l’oeuvre de jules romain, int. omar sy, alex lutz, ana girardot, sabine azéma, pascal elbé, audrey dana, michel vuillermoz, christian hecq, andrea ferreol, hélène vincent, rufus. 2017, 114′. 3,5 pouces

le synopsis
ex-délinquant devenu médecin diplômé, knock (sy) vient remplacer le docteur parpalaid (marié) dans le petit village de saint-maurice où…

… la population se porte comme un charme. or knock met en place une stratégie pour faire sa fortune…

l’avis
la pièce de jules romains (1923) a été reprise au théâtre, notamment par louis jouvet (1933 et 1951) et par fabrice luchini (2002), et adaptée pour le grand écran et la télévision. cette version est donc la dernière en date.

lorraine lévy réalise là un scénario classique en enrichissant le récit par différents personnages qui ne figurent pas ou peu dans la pièce. ainsi, dans sa quête du succès, incarné dès son arrivée par madame de cuq (azéma), knock va disposer d’un allié – le facteur (hecq) -, sera confronté à un frein – le curé lupus (lutz) qui le soupçonne d’être un arnaqueur -, devra écarter un grain de sable qui menace de gripper sa mécanique bien huilée – lansky (elbé), qui le remet face à son passé délictueux – et tombera amoureux d’une bonne – adèle (girardot).

une chose m’a gêné dans ce film. si le discours de jules romains est respecté, à savoir la manipulation des esprits faibles, qu’il s’agisse en l’occurrence de médecine ou de toute autre idéologie d’ailleurs (« toute personne bien pensante est un malade qui s’ignore… leur tort est de dormir dans une sécurité trompeuse, dont les réveille trop tard le coup de foudre de la maladie »), l’idée de moderniser la critique en affichant une volonté de « diversité », comme on dit aujourd’hui, par l’engagement d’un acteur noir dans le rôle-titre, aussi brillant et populaire qu’il soit, reste pour moi un mystère.

comprenez-moi bien, j’écris cela sans animosité ni racisme primaire à l’égard d’omar sy dont je ne remets en cause ni la personnalité généreuse et le talent de comédien. mais, dans cette france colonialiste très provinciale et particulièrement franchouillarde,  à une époque non déterminée mais qu’on situe au pif dans les années 30-50, j’ai trouvé particulièrement curieux – et donc peu crédible – qu’un médecin noir ne se soit pas heurté au racisme qui prévalait à cette époque (sans doute davantage qu’aujourd’hui) et puisse prospérer sans réticence aucune.

mais la qualité du film et l’interprétation impeccable de tous les acteurs, omar sy en tête, fait oublier ce point et le film se regarde bien.