money monster

money monster

réal. jodie foster, scénario jim kouf, alan difiore, jamie linden, int. george clooney, julia roberts, jack o’connell, caitriona balfe, dominic west, lenny devito, giancarlo esposito. 2016, 89′. 3 pouces

le synopsis
lee gates (clooney) est une star de la télé américaine et un gourou de la finance à wall street. son émission money monster et ses conseils sont suivis par des millions de téléspectateurs. jusqu’au jour où…

… l’un d’eux (o’connell), ruiné pour avoir écouté gates, débarque sur le plateau pour le prendre en otage et demander réparation…

l’avis
si seulement les financiers véreux pouvaient être traqués et punis ainsi dans la vraie vie lorsqu’ils se livrent à des transactions risquées, voire frauduleuses. je ne parle pas des établissements qui se font (souvent ces derniers temps) épingler et se voient contraints de payer des amendes record pour avoir enfreint règles et lois. je parle de ces papillons éphémères que sont les gérants de fortune qui, attirés par la lumière du pouvoir et de l’argent, finissent tôt ou tard par se brûler les ailes, entraînant dans leur chute des milliers de personnes qui, sourds au principe selon lequel on ne doit miser son argent que si l’on n’en a pas besoin, croyaient, en plaçant toutes leurs économies, assurer leur retraite, payer les études de leurs enfants ou mettre leur famille à l’abri. ici, ce n’est pas un financier mais un patron (west) qui influe directement sur les cours en favorisant une grève dans une mine dont il est l’actionnaire principal. mais, gestionnaire ou patron, au final, le résultat est toujours désastreux pour les petits porteurs qui se retrouvent démunis dans tous les sens du terme.

or donc, le film dénonce les dérives de la finance et va pour une fois un peu plus loin qu’un simple constat façon « ben oui, c’est dégueulasse mais c’est comme ça ». cela dit, il est bien joli, ce scénario, mais il faut se rendre à l’évidence: les coupables sont très rarement inquiétés. si bradley birkenfeld a fait son mea culpa (dénonçant les agissements de sa banque, l’ubs américaine pour ne pas la citer), c’est uniquement parce qu’il s’est fait prendre la main dans le pot de confiture. le pire du pire de l’immoralité est que le bonhomme a négocié – et obtenu – une remise de peine pour bonne conduite, et la coquette somme de 104 millions de dollars. ce monde marche sur la tête. et on ne parle même pas de jérôme kerviel dont il y a fort à parier qu’il n’était qu’une marionnette.

conclusion, avec ce scénario un peu naïf, la morale est sauve: le méchant est puni publiquement (face caméra) et le preneur d’otages tué (c’est pas bien de menacer des gens avec un pistolet, même si la raison en est compréhensible) et tout est bien qui finit bien dans le monde merveilleux de walt disney. mais personne n’est dupe, et il serait très étonnant que les personnes grugées par bernard madoff ou à la suite du scandale des subprimes y trouvent une quelconque consolation, même l’espace de 89 minutes.