the voices

the voices
réal. marjane satrapi, scénario michael r. perry, int. ryan reynolds, gemma arterton, anna kendrick, jacki weaver, ella smith, gulliver mcgrath, valerie koch. 2015, 109′. 3,5 pouces

le synopsis
jerry (reynolds) est manutentionnaire chez un fabricant de baignoires. il est attiré par l’une de ses collègues, fiona (arterton). tout va bien. jusqu’à ce qu’il…

… arrête de prendre ses médicaments. et que son chat et son chien se mettent à lui parler…

l’avis
on le sait, on le leur dit souvent: « prends tes médicaments! ». mais non, il faut toujours qu’ils n’en fassent qu’à leur tête, ces schizophrènes. du coup, ils voient des choses ou entendent des voix. et la spirale devient inéluctable.

ryan reynolds a ceci de bien qu’il ne s’enferme jamais dans un style. qu’il soit, notamment, enterré (buried, 2010, le rôle qui l’a véritablement révélé dans nos contrées), super-héros (green lantern, 2011), flic mort (r.i.p.d, 2013), vieux milliardaire rongé par un cancer généralisé ressuscité dans le corps d’un beau jeune homme (self/less, 2015), encore super-héros (deadpool, 2016), ce garçon a toujours jalonné sa longue carrière (il en a déjà 25 derrière lui à pas encore 40 ans) de rôles riches et variés. mieux encore, il se montre particulièrement bon dans chacun d’eux. ici, son personnage de jerry, pour tueur en série qu’il soit, n’est pour autant ni hystérique ni pervers ni sadique ni même méchant. ce serait presque tout le contraire. il veut être un type bien mais ne peut s’empêcher d’obéir à des pulsions (ses fameuses voix). cette apparente gentillesse permet à l’acteur de jouer à l’économie et à la sensibilité exacerbée, confirmant au passage, si besoin était, l’étendue de son talent. ainsi, la violence inouïe à laquelle se livre ce personnage particulièrement dérangé n’est jamais véritablement montrée à l’écran, le scénario privilégiant la psychologie du personnage à la description de ses actes meurtriers. d’où le côté « comédie horrifique », même si chacun appréciera, selon sa sensibilité, le terme employé ici de « comédie ». car on n’est bien sûr pas plié de rire, quoiqu’on ne puisse s’empêcher de sourire aux interventions des animaux (reynolds prête sa voix à quatre d’entre eux, et principalement au chat de son personnage, m. moustache, qui le pousse à tuer, et à son chien, bosco, qui tente de l’en dissuader).

la schizophrénie est un thème grave qui sert souvent de base à des scénarios à suspense. ici point de suspense (on sait très vite que le personnage est malade et dangereux) mais une réalisation subtile permettant de vivre l’histoire à travers les yeux du personnage de jerry, mais aussi par moments de changer de point de vue pour voir la brutale réalité à travers ceux des autres personnages.

pour son quatrième long métrage (si j’ai bien compté, après persepolis, 2007, poulet aux prunes, 2011, et la bande des jotas, 2012), la réalisatrice iranienne marjane satrapi (1969) traite cette histoire féroce et brutale avec une douceur derrière laquelle perceraient presque des accents de tendresse.

un métrage comme on les aime et comme on aimerait en voir plus souvent.