mission: impossible – rogue nation

mission impossible - nation rogue
réal. et scénario christopher mcquarrie, int. tom cruise, rebecca ferguson, simon pegg, jeremy renner, sean harris, alec baldwin, simon mcburney, ving rhames. 2015, 132′. 3 pouces

le synopsis
dissoute car jugée incontrôlable, l’agence imf (impossible mission force) fait face cette fois-ci à une…

… organisation d’agents surentraînés qui veut instaurer un nouvel ordre mondial: le syndicat. ethan hunt (cruise) reconstitue son équipe et trouve en ilsa faust (ferguson), agent britannique révoquée, une alliée surprise dont les intentions ne sont pas toujours claires…

l’avis
malgré les déclarations de cruise selon lesquelles ce film serait le plus physique de sa carrière, j’ai trouvé ce nouvel opus bien mais un brin mou par rapport au précédent.

alors bien sûr, et c’est la marque de fabrique de la franchise, chaque épisode comporte son morceau de bravoure. dans protocole fantôme, c’était l’ascension du burj khalifa par l’extérieur. dans celui-ci, c’est le décollage d’un airbus a400m. on sait que cruise aime réaliser ses cascades lui-même. il n’a bien sûr pas dérogé à sa règle, réalisant celle-ci huit fois de suite, suspendu à 1500 mètres d’altitude et 400 km/h, pour permettre au réal d’avoir suffisamment de matériel pour le montage. la poursuite à moto et la séquence en apnée ont également été tournées sans doublure. ce sont les assureurs qui doivent se faire des cheveux blancs à chacun des films du grand scientologue (qui, soit dit en passant, ne fait plus trop parler de lui en tant que tel). bref, tout est là pour régaler les amateurs (dont je suis) de la franchise: atmosphère, enjeux mondiaux, suspense, grands méchants loups, action spectaculaire.

malgré cela, la magie du premier épisode (dont brian de palma, et pourtant dieu sait que je ne l’aime pas, avait su en 1996 extraire la substantifique moelle de la série créée par bruce geller trente ans plus tôt) ou du quatrième (le plus réussi depuis le premier) fait ici un peu défaut. et je serais bien en peine de dire pourquoi. le rythme? christopher mcquarrie n’est pourtant pas le premier venu (de usual suspects, dont il signe le scénario, à edge of tomorrow, qu’il réalise). le méchant? habitué des rôles tordus (sa performance dans délivre-nous du mal était impressionnante), sean harris est donc plutôt crédible. la « ethan hunt girl » isla faust, alias rebecca ferguson? plutôt jolie femme sans être éblouissante et assez convaincante en agent distribuant des mandales à des big guys surarmés, elle n’arrive cependant pas, toute suédoise qu’elle est, à la cheville de la splendide thandie newton (épisode 2), de l’envoûtante maggie q (épisode 3) ni, encore moins, de la spectaculaire paula patton (épisode 4) qui crevait littéralement l’écran. cela étant, même si les acteurs font toute la crédibilité des personnages qu’ils incarnent, il serait par trop injuste d’imputer à elle seule l’insidieux quart de poil de cul de grenouille de déception que l’on se trimballe en sortant de la salle.

le nom des personnages fournit une indication sur sa personnalité. je le dis pour celles et ceux qui n’y auraient pas pensé car l’observateur averti constituant l’essentiel de mon impressionnant lectorat l’aura remarqué depuis longtemps. hunt (le chassé chasseur), benji (le « sauteur à l’élastique » technologique), brandt (dont la consonance allemande n’incite pas à la plaisanterie lol), et faust (qui vend bien sûr son âme au diable)… ce film est aussi le premier à reprendre tous les thèmes de la fameuse musique de lalo schifrin, que les autres avaient abandonnés.

en conclusion, et malgré tout ce que je viens de dire, ne me méprenez pas: qu’on aime cruise ou pas, hunt est un grand héros d’action, à l’égal d’un james bond dernière génération et d’un jason bourne époque damon, et mission impossible 5e du nom se laisse quand même regarder avec plaisir…