maggie

maggie
réal. henry hobson, scénario scott III john, int. arnold schwarzenegger, abigail breslin, joely richardson, douglas m. griffin. 2014, 97′. 3 pouces

le synopsis
un terrible virus se propage aux états-unis, transformant la population en zombies. le gouvernement impose que tous les infectés soient…

… mis en quarantaine. wade (schwarzenegger) apprend que sa fille maggie (breslin) a été touchée. il la ramène chez lui et refuse qu’elle soit isolée…

l’avis
la tendance se confirme, arnold schwarzenegger veut prouver au monde entier que, s’il a désormais besoin de retouches numériques pour jouer les terminator, il sait aussi se tourner vers des films plus intimistes et aborder des rôles plus exigeants car plus intérieurs. en un mot qu’il est un acteur. si l’homme est intelligent, en même temps il n’a pas trop le choix s’il veut durer. car dans les métiers du cinéma, le ridicule tue (une carrière) et le plus autrichien des acteurs américains l’a parfaitement compris. tournant donc délicat pour lui. est-il crédible dans son rôle de père qui ne veut pas « lâcher » sa fille devenue contagieuse et promise à une mort certaine, avant laquelle elle se sera transformée en une créature irrémédiablement incontrôlablement je sais le mot n’existe pas attirée par des humains qui « sentent » la bidoche mais qu’elle est longue, cette question? à part son éternelle démarche lourdaude et son accent qui fait rire dont il n’a jamais su se départir, je dirais que oui (il est crédible, suivez un peu…). c’est donc un monsieur tout-le-monde plus américain que jamais que campe ici l’acteur, avec sa chemise de trappeur et sa barbe de trois jours.

sans être un chef-d’oeuvre, maggie a le mérite d’opposer la force de sentiments authentiques au rejet de l’autre que peut susciter une maladie (comme cette belle-mère (richardson) dont la compassion a des limites). dans la fiction, c’est la zombification, dans la réalité le sida, le cancer, etc. à ce sujet, il est à remarquer que le mot « zombie » n’est pas prononcé une seule fois. preuve, s’il en est, que le film est bien une métaphore et non un film d’horreur comme les ptits gars du marketing l’ont vendu, ce qui a dû en dérouter, et donc en décevoir, plus d’un. en outre, contrairement à ce que nous sert régulièrement le cinéma d’horreur, la mise en scène est lente, se calant sur le rythme de la transformation de la jeune fille. la maladie, en effet, n’est pas fulgurante et se développe « normalement », les auteurs, cohérents avec leur approche, n’ayant pas cherché l’effet horrifique mais plutôt la description des différentes étapes d’une maladie et de ses effets sur la personne atteinte et sur ses proches. d’ailleurs, cette progression ne se fait pas de manière linéaire et la maladie offre à la jeune fille des moments de répit où elle rencontre ses amis et où les signes – pupilles, veines et teint – ne sont pas constants.

si donc vous voyez un jour ce film, ne vous attendez pas à un film de zombies. mais plutôt au drame d’un deuil.