vol 7500 aller sans retour

vol 7500 aller sans retour
réal. takashi shimizu, scénario craig rosenberg, int. ryan kwanten, amy smart, leslie bibb, jamie chung, johnathon schaech, scout taylor-compton, nicky whelan, jerry ferrara. 2014, 80′. 2,5 pouces

le synopsis
lors d’un vol los angeles-tokyo, l’avion traverse une grosse zone de turbulences. juste après, un passager…

… meurt. et ça ne fait que commencer…

l’avis
ça fait un moment que j’ai vu cette série b (ou c) et ça fait un moment que je me gratte le crâne pour trouver quelque chose d’intéressant à dire. et puis, ce matin (un lapin), je suis à deux doigts d’admettre qu’il n’y a pas grand-chose d’intéressant à dire. allez, gratte-toi le crâne encore un peu, pierre, histoire de ne pas essuyer l’échec de la critique.

voyons voir… les jambes de leslie bibb? ça ne fait pas un papier (et si ça le faisait, ça confinerait à la pathologie). la carrière non fulgurante de ryan kwanten (le frère de sookie – anna paquin – dans trueblood), réduit à jouer des rôles de seconde zone dans des films de seconde zone? ça fait à peine deux lignes. le huis clos horrifique dans les airs? alors oui, entièrement partant, vous me connaissez (et si ce n’est pas le cas, je vous l’apprends), le fantastique et l’horreur figurent dans le top 2 de mes préférences cinoche. le huis clos, horrifique de surcroît, me donnerait matière à une thèse de doctorat.

déception.

quitte à atterrir rapidement dans le circuit vidéo sans réussir à décoller sur grand écran (et pour cause), autant faire dans le brutal. j’ai bien aimé les séries saw et destination finale qui n’hésitaient pas à aller au bout de leur concept. j’ai haï irréversible, exercice facile d’étudiant de la fémis* qui ne visait qu’à faire parler de lui. mais je suis obligé d’admettre que ça a marché, précisément parce que le film ne faisait pas semblant. résultat, d’accord ou pas avec la démarche, on parle de son métrage encore aujourd’hui. j’ai détesté rec, qui n’inventait rien en faisant croire que c’était le premier film du genre. mais force est de constater qu’ils y allaient carrément. et que le film a fait date. tous les films, qu’ils soient estampillés « horreur » ou pas, ont besoin pour marquer les esprits d’une certaine forme de jusqu’au-boutisme. je n’aime pas forcément les films précités et leur réalisateur mais je respecte leur volonté de proposer une « expérience ». car après tout, si l’on va au cinéma, ou mieux, si l’on aime le cinéma, c’est précisément pour sa capacité à nous en faire voir de belles, à nous sortir de notre quotidien, par le rêve ou par la peur, par le rire ou par les larmes.

or ici, ce vol est plutôt gentillet, le suspense tranquille et l’horreur, qui se voudrait subtile, soft. les acteurs font ce qu’ils peuvent mais le scénar ne va pas assez loin, se montrant même un peu faiblard avec cette histoire de poupée japonaise et cette révélation de la fin, qui pose des questions au lieu de fournir des réponses (du style « comment se fait-il qu’ils ne s’en rendent pas compte plus tôt? », « pourquoi seulement eux et pas tous les passagers »? ou encore « mais qui a écrit ce scénario? »). conclusion: méfiez-vous de la plupart des films proposés en vidéo à la demande. je vous aurai prévenus. maintenant c’est à vous de voir…

* fondation européenne des métiers de l’image et du son, successrice de l’idhec (institut des hautes études cinématographiques). et oui, j’aime bien « successrice ». et pourquoi pas? quand j’entends dessplat ou troiscenheuro, je me dis que si ce mot n’est pas plus beau (et encore, faut voir) qu’une lettre prononcée à tort dans un mot (j’ai écrit ici un billet sur le sujet) ou une absence de liaison (autre article ici), au moins il n’est pas dénué de logique.