les infidèles

Les infidèles

réal. michel hazanavicius, emmanuelle bercot, fred cavayé, éric lartigau, alexandre courtès, jean dujardin, gilles lellouche, scénario jean dujardin, gilles lellouche, stéphane joly, nicolas bedos, philippe caverivière, sur une idée de jean dujardin, int. jean dujardin, gilles lellouche, alexandra lamy, manu payet, guillaume canet, isabelle nanty, sandrine kiberlain, géraldine nakache. 2012, 109',. 3 pouces.

le synopsis
l'infidélité masculine et ses nombreuses variations, vue…


… par 7 réalisateurs.

l'avis
le film à sketches était effectivement la meilleure manière de traiter le sujet. genre à part entière – comique mais pas seulement – né en italie dans les années 1960, le film très court se prête magnifiquement au traitement de différentes tranches de vie, comique, fantastique, dramatique, etc. d'abord parce que les situations sont claires et qu''il n'y a pas besoin de s'étendre (à ce propos, certains sketches des infidèles traînent un tout petit peu en longueur), ensuite parce que le raccourci extrême renforce souvent le comique (bref en est le dernier exemple le plus frappant). dommage qu'il ne soit pas plus exploité (le genre), même si certains ont marqué les mémoires (surtout la mienne), comme paris je t'aime, new york stories, creepshow, la quatrième dimension, les nouveaux monstres, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe…, etc.

on classera donc les infidèles dans le genre comédie dramatique, même si les personnages et les situations sont totalement pathétiques. les deux comédiens à l'origine du projet se sont manifestement amusés 1. à saccager leur image (surtout dujardin qui interprète des personnages de benêts ou de losers, à poil, de dos, et penchés en avant, sans parler du dernier plan du film; les personnages qu'interprète lellouche ressemblent quant à eux assez à l'image qu'on se fait de lui, l'acteur semblant en effet être abonné aux rôles de gros beaufs) et 2. à imaginer les pires situations type de l'infidélité masculine: le loser qui essaie, lors d'un séminaire, mais dont personne ne veut… et qui rentre la queue entre les jambes; le quadra friqué qui se tape une jeunette qui se tape des mecs de son âge, qui se montre jaloux… et qui rentre la queue entre les jambes; des infidèles qui se font gauler et sont contraints de suivre une thérapie de groupe… et qui continuent à être infidèles; un couple qui "s'amuse" à jouer au jeu de la vérité… et qui n'en sort évidemment pas indemne, etc., etc.

les infidèles, on l'aura bien compris, raconte l'infidélité du point de vue des hommes. le sujet est si vaste qu'on pourrait lui consacrer plusieurs films. cela dit, on a compris au bout de 3 sketches, et l'humour est fluctuant dans la mesure où le comique des situations est parfois limite. c'est pourquoi il plaira probablement davantage à un public masculin. cela dit, pour que le concept soit équilibré (ben quoi, ya pas d'raison!), il serait intéressant qu'il trouve son pendant: l'infidélité féminine vue et racontée par des femmes.

brèves de coulisses…
plusieurs coupes ont été effectuées au montage: un sketch où dujardin s'adonnait à une partie de jambes en l'air sur fond de tours jumelles en flammes, pour ne pas choquer le public américain, au moment où l'acteur était en pleine promo outre-atlantique pour the artist; le sketch de jan kounen, jugé finalement trop décalé et flamboyant par rapport à l'univers du film que les auteurs voulaient très réaliste. parions que ce sketch se retrouvera dans les bonus dvd.

les premières affiches du film (ci-dessous) ont été retirées quelques jours après leur diffusion car, selon l'autorité de régulation professionnelle de la publicité, elles présentaient une image dégradante de la femme.

Les infidèles - affiche censurée 1

celle de paradis pour tous (alain jessua, 1982, sorti un mois après le suicide de patrick dewaere) où l'acteur se trouvait exactement dans la même position n'avait pas suscité une telle polémique (et n'avait donc pas été retirée) à l'époque. il est vrai que l'époque était autre et que dewaere n'était pas candidat à l'oscar.

Paradis pour tous