contagion

Contagion

réal. steven soderbergh, int. laurence fishburne, jude law, mat damon, kate winslet, gwyneth paltrow, marion cotillard, elliott gould. 2011, 106'. 2,5 pouces.

le synopsis
un virus particulièrement dévastateur se propage à l'échelle planétaire. tandis que les scientifiques du centre de prévention et de contrôle des maladies s'activent pour trouver la racine du mal, les…


… grands groupes pharmaceutiques se livrent une bataille acharnée pour mettre au point un vaccin…

l'avis
on pourrait croire, vu la bande-annonce, que ce film est un thriller "catastrophal", comme disent les italiens. en fait, c'est un peu de ça, mais pas trop, un peu une dénonciation des agissements de l'industrie pharmaceutique et des dérives de la désinformation. mais pas trop.

le film prend deux directions au moins sans en adopter aucune véritablement. il y a des scènes de panique et de vandalisme (mais pas trop), il y a un sentiment d'urgence (mais pas trop), il y a des enjeux politico-pharmaceutico-financiers (mais pas trop), il y a les dangers (plus graves que le virus lui-même) de l'information parallèle (le bloggueur) qui prétend détenir LA vérité (mais pas trop), il y a aussi ceux qui doivent enlever et séquestrer pour faire entendre leur voix (mais pas trop), il y a des scènes de désolation (mais pas trop), des militaires (mais pas trop).

le réalisateur a sans doute voulu se tenir en retrait par rapport à son récit afin d'adopter la neutralité nécessaire au rapport de faits potentiellement véridiques. le hic, c'est qu'à force de ne s'engager dans aucune voie claire, il livre un film un peu mou, un peu désengagé et la mayonnaise ne prend pas vraiment. pire, on s'ennuie un peu.

certes, tous les aspects et les acteurs d'une telle crise sont là – scientifiques, situations, hasards, gens de terrain, symptômes, victimes, otages, puissants, stratèges, outsiders, dénonciateurs – la plupart étant même interprétés par des têtes d'affiche. les stars – pour la grande majorité oscarisées de surcroît – ont donc toutes répondu présent à l'appel du réalisateur mais for what et surtout so what? damon s'énerve une fois et pleure une fois, winslet finit par se la jouer laura palmer, fishburne fait son "expert", cotillard se révolte en courant, paltrow meurt vite, law dénonce, et gould disparaît… du scénario! tout ça pour ça. d'autant que soderbergh en fait mourir certains rapidement (curieux choix). certes, il aime bourrer ses films de stars mais là, il eût parfaitement pu confier ces rôles à des acteurs moins connus, ça leur aurait donné du boulot et le film eût sûrement coûté moins cher que ses 68 millions de dollars. de plus, cela n'eût nullement nui (joli) à l'histoire. au contraire, ça en aurait peut-être renforcé sinon l'impact, du moins la dramatique intensité, qui sait.

on est quand même loin de la virtuosité de son remake ocean's eleven (2002) ou de la densité – si j'ose dire – d'un traffic (2001) qui lui avait valu un oscar. dans le même style, et la même histoire, préférer alerte! (wolfgang petersen, 1994).