limitless

Limitless

réal. neil burger, scénario leslie dixon, d'après le roman the dark fields d'alan glynn, int. bradley cooper, robert de niro, abbie cornish, johnny whitworth, anna friel, tomas arana. 2011, 105'. 3,5 pouces.

le synopsis
eddie morra (cooper) est un type qui veut écrire un roman, mais il bloque sur les 3 premiers mots, angoissé qu'il est par la page blanche. un jour, son ex-beau-frère, qu'il rencontre par hasard, lui propose une…


… pilule non encore commercialisée censée lui permettre d'exploiter à fond le potentiel du cerveau. cette drogue change effectivement sa vie. mais il y a toujours un prix à payer…

l'avis
ce film est l'histoire d'une imposture qui n'en est pas une, d'une ambition cachée et révélée par hasard ou de l'ascension miraculeuse et fulgurante d'un homme ordinaire, limite loser, empêtré dans son manque de tempérament, qui se "réveille" sous l'effet d'une drogue agissant directement sur les zones les plus reculées et les moins exploitées du cerveau.

résultat, il se souvient de tout ce qu'il a vu, lu et entendu, comprend des problèmes complexes, fait preuve d'un esprit d'analyse, de synthèse et de déduction hors du commun, subjugue tous ceux qu'il rencontre, au point d'intéresser un roi de la finance (de niro). il devient donc accro (forcément, surtout avec des effets aussi bénéfiques) mais son stock s'amenuise progressivement et, comme avec toute drogue dure qui se respecte, les effets secondaires ne tardent pas à se faire sentir. la question qui se pose alors est: comment continuer à profiter des effets positifs sans pâtir des conséquences?

la morale voudrait qu'il paie le prix de ses choix et qu'il revienne "dans le droit chemin", comme tous les drogués ou ceux qui jouent à être dieu. mais voilà, le film n'est résolument pas moral et, dans les dix dernières minutes, le scénario a le courage de s'écarter volontairement d'une quelconque issue moralisatrice à deux balles, tellement courante à hollywood. et c'est là que le film surprend et devient jouissif. car si l'effet est positif dans un premier temps, il devient vite pernicieux car, après avoir fait des merveilles dans le monde de la finance, le mec finit par se lancer dans la politique, candidat aux élections sénatoriales de l'état de new york puis, on nous le laisse entendre, à l'élection présidentielle. et là on peut se demander jusqu'où il va aller et s'il ne va pas utiliser son intelligence très au-dessus de la mêlée à des fins malhonnêtes (mais bien sûr qu'il va le faire! et le film mériterait presque une suite de ce point de vue-là). rien que pour ça, il mérite ce demi-pouce en plus dans mon classement.

d'autant plus que, entre parenthèses, il y avait, juste avant la projection, la bande-annonce d'un film qui martelait, comme si c'était la dernière des nouveautés, que "tout le monde a droit à une seconde chance". MAIS FOUTEZ-NOUS LA PAIX AVEC CE THÈME RÉCURRENT À LA CON!!! parenthèse fermée.

à l'origine, le film devait s'appeler the dark fields, du nom du roman dont le scénario est tiré. la scénariste leslie dixon est aussi celle de nombreux films à succès comme hairspray ou madame doubtfire.

limitless est donc une surprise intéressante, même s'il est un peu sorti dans la confidentialité, avec un bradley cooper vachement ravagé par la lose au début mais vachement beau gosse à la fin (chassez le naturel…).