captain america

Captain america

réal. joe johnston, scénario christopher markus, stephen mcfeely, joss whedon, int. chris evans, hayley atwell, tomy lee jones, hugo weaving, stanley tucci, samuel l. jackson. 2011, 123'. 3 pouces.

le synopsis
steve rogers (evans) est frêle et timide, mais il veut défendre son pays contre l'ennemi nazi (nous sommes en 1942). aussi…


… se porte-t-il volontaire pour participer à un programme expérimental qui fera de lui un super-soldat connu sous le nom captain america pour combattre la redoutable organisation hydra dirigée par le diabolique red skull (weaving).

l'avis
naïf et gentillet, comme d'habitude, on se croirait retourné en enfance à chaque fois (comprenez, on nous prend pour des débiles à chaque fois), mais force est de constater que ce film est sympa et qu'on est prêt à en redemander (comme à chaque fois). c'est du bon vieux marvel comme on l'aime: le "bien", beau et musclé, contre le "mal", nécessairement hideux, tout ça quoi. l'histoire se passe au début de la seconde guerre mondiale (pratique, pas de transposition), les allemands menacent la planète terre et les américains deviennent les sauveurs de l'humanité (déjà). apparu pour la première fois en mars 1941, le personnage tombera à point nommé pour donner du courage aux troupes et poser l'amérique en héroïne du monde libre.

certes, l'action se déroule il y a 70 ans, mais comment ne pas y voir un parallèle avec une amérique qui se rêve, aujourd'hui encore, triomphante? il n'y a décidément que les américains pour croire encore à leur toute-puissance, pour imaginer que la logique des armes – qu'elles soient ou non actionnées par des super-héros – est la seule à fournir une solution viable. en nous abreuvant d'images sanglantes, les infos leur en opposent tous les jours un démenti cinglant. malgré la niaiserie de leur vision manichéenne – rassurante mais à 1000 lieues – de la réalité, ils sont infatigables à tenter, encore et toujours, d'en persuader le monde à l'aide de vastes campagnes marketing (hier, ils distribuaient gratuitement des chewing-gums et du coca-cola, aujourd'hui ils font des films, c'est kif-kif).

sauf qu'aujourd'hui, plus personne n'est dupe (espérons). 70 ans se sont écoulés depuis captain america et – hellooo!! – les choses ont pas mal changé depuis 1941: d'autres acteurs bien plus redoutables menacent le monde, les enjeux sont devenus inextricables et les guerres, si elles sont toujours aussi meurtrières sur le terrain, sont bien plus efficaces quand elles se déroulent à un autre niveau. ah, elle aurait bien besoin d'un captain america, l'amérique, histoire de redresser un dollar qui n'a jamais été aussi faible et de redorer le blason d'une politique qui était, il n'y a pas si longtemps encore, enlisée en irak et en afghanistan. obama serait-il ce super-héros? l'ennui c'est que, contrairement au personnage de marvel, on a comme l'impression qu'il n'y a pas grand-monde de son côté. de plus, la mort (médiatique) de ben laden ressemble davantage à coup d'éclat électoraliste qu'à une réalité (tant l'affaire a fait peu de bruit, là où on s'attendait, dix ans après le 11 septembre, à un raz-de-marée de liesse occidentale).

mais bref, il y en a sûrement (les producteurs?) pour être convaincus que la sortie de ce film tombe donc à pic pour redonner le sourire… à l'enfant qui est en nous.

un conseil: vous avez fait le plus gros, alors restez jusqu'à la toute fin du générique… les spectateurs qui ne connaissaient pas http://www.apreslegenerique.com étaient tous partis depuis belle lurette.